Il s’agit de la fracture la plus fréquente, et l’on reconnaît de nombreux types fracturaires. Seule une analyse précise du trait fracturaire et du caractère extra ou intra-articulaire de la fracture va permettre de distinguer les fractures stables des fractures instables ; cette notion de stabilité joue un rôle important dans le choix thérapeutique de ces fractures. Cette fracture, très fréquente, est loin d’être bénigne. Il est essentiel d’obtenir une réduction la plus anatomique possible, particulièrement de la longueur du radius et de la congruence articulaire pour éviter des séquelles fonctionnelles invalidantes. En effet, il existe une relation directe entre résultat fonctionnel et qualité anatomique de la réduction.

Les fractures extra-articulaires non déplacées sont stables et seront traitées orthopédiquement par contention plâtrée.

 

La fracture extra-articulaire à déplacement dorsal du fragment distal connue également par la classique fracture de Pouteau-Colles (particulièrement fréquente du sujet ostéoporotique victime d’une chute) présente une déformation caractéristique dite en « dos de fourchette » (fig) et s’accompagne habituellement d’une supination et d’une déviation radiale de la main. La fracture assez rare de Goyrand-Smith correspond à la déformation inverse, en « ventre de fourchette » 

fracture de Poteau-Colles 

Les fractures articulaires sont plus difficiles à traiter car elles nécessitent une réduction la plus parfaite possible dans le but de restaurer la congruence articulaire. Parmi les fractures partielles citons la « Die-Punch » fracture qui correspond à une fracture de la marginale médiale (fossette lunarienne) de la glène radiale et la « reverse Barton » qui correspond une fracture de la marginale palmaire de la glène radiale accompagnée habituellement d’une subluxation palmaire du carpe. Ces fractures sont souvent traitées par plaque vissée palmaire. 

La fracture du poignet s’accompagne souvent d’une fracture de la styloïde cubitale. La fracture de la pointe de la styloïde consolide ou pseudarthrose sans entraîner des séquelles. Seules les fractures de la base de la styloïde doivent faire l’objet d’une ostéosynthèse (brochage ou cerclage) dans le but d’éviter une instabilité radio-ulnaire distale.

 

Les fractures de l’extrémité distale du radius peuvent être compliquées

1. d’un syndrome de canal carpien (compression du nerf médian - esquille ou cal osseux), à traiter par neurolyse.

2. d'un syndrome algoneurodystrophique ou CRPS (complex regional pain syndrom).

    Pour prévenir l’algoneurodystrophie, il faut :

 surélever la main pour reduire le gonflement, favoriser la mobilisation active des doigts et éviter les plâtres trop serrants

3. d’un cal vicieux douloureux avec déformation du poignet. Une ostéotomie correctrice peut être indiquée dans certains cas.

4. d’une rupture tendineuse due au traumatisme ou secondaire à une irritation du tendon par un fragment osseux mal réduit ou secondaire à la technique d’ostéosynthèse. La rupture est traitée par suture ou reconstruction tendineuse.

5. d’arthrose dégénérative radio-carpienne due à l’imperfection de la réduction et au degré de lésions cartilagineuses engendrées par le traumatisme surtout vrai pour les fractures articulaires 

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